10 mars 2011

Marcel Michelin......

      Marcel Michelin (1886-1945) est le second fils d'André Michelin. Diplômé d'une école de mécanique, il est envoyé aux Etats-Unis par son oncle Edouard pour rencontrer Taylor et découvrir les nouvelles méthodes de productions. En 1913, il dirige les services de recherche et d'essais à Clermont. Il est artisan des grands progrés de l'entre-deux-guerres : le pneu "Câblé",le "Confort", le "Pilote" et le "Métalic". Il est aussi à l'origine de la construction des pistes "va et vient" à d'Estaing puis à Cataroux. Mais pour les Clermontois sont nom est lié au sport. Il fonde l'Association Sportive Michelin en 1912 et dès 1920 les terrains de sport de Montferrand, les salles des fêtes de culture physique, la piscine, la salle des fêtes de la rue Montlosier sont en srevice. Résistant à l'occupant nazi, comme d'autres membres de la famille, il est arrêté en juillet 1943, déporté à Buchenwald puis à Ohrdruf ou il décéde en janvier 1945, deux mois avant la libération du camp.

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08 mars 2011

         AH, ce n'est pas ici de la grande histoire, ah non, c'est l'histoire vécue d'un ouvrier, au nom de tous les autres, travaillant dur à la construction d'un monde meilleur pour ses enfants, gagnant chaque sou ou franc à la sueur de son front, prolétaire n'ayant que sa force de travail pour vivre et faire vivre sa famille. Mais, attention, pas  de misérabilisme, non, de la fiertè malgré la dureté: ici aussi de la belle ouvrage, une seule valeur qui vaille "celle du travail pour gagner sa croûte".

"Ajusteurs, fraiseurs, tourneurs, entre écrous et plaques de protection, ils vivaient entre eux la triomphante rationalité de l'automatisation. Cloisonnés comme l'étaient leurs postes, ils passaient le plus clair de leur temps à l'abri du jour et des courants de la vie, en retrait, occupés à ne pas faiblir pour ne pas perdre pied, chapeautés par des chefs, attachés à des quotas mouvants de pièces à fournir pour obtenir une prime (...).

Les ouvriers que je voyais alors ne parlaient pas beaucoup. Les hommes en générale étaient réservés. Les ouvriers sortaient à heure heure fixe du même oubli d'eux-même, chaque jour, d'un lieu tenu serré dans l'ombre et la contraignante atmosphère des cuissons, pris au revers d'une tâche marginale,rendue obligatoire. On vivait d'une existence caoutchoutée faite de liens, de liants, de jantes amovibles, de semelles et de bandes de roulement cloutées, d'alliages, de fil de fer, de torsions, d'inviolables secrets de cuisson, de colles et d'élastiques".

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07 mars 2011

Les Bibs.....

           Si nous sommes à la recherche des traces de Michelin dans Clermont, comment ne pas évoquer également le travail des hommes ? Une usine, est-ce seulement, pour une ville, des bâtiments, des portes, des véhicules qui entrent et qui sortes, des conduits et des tuyaux, un produit fabriqué ?

Non, bien sûr. Les rapports et la marque de Michelin sur Clermont, c'est aussi par le travail de ses "BIFS", de leurs pensées au travail, à l'entrée ou à la sortie, chez eux, en famille.

La marque d'une entreprise sur une ville, c'est aussi cela: les rapports étroits, personnels et intimes, que chacun noue entre ses activités professionnelles et sa vie privée, entre le dehors et le dedans, la ville et l'usine, l'usine et la ville. C'est de l'ordre de l'indicible, de l'interstice, du mouvant et de l'étroit, un étonnant secret détenu par chacun d'entre les "BIFS", plus Clermontois par son travail qu'aucun entre nous. C'est aussi tout le travail à l'intérieur de la Manufacture.

Comment rentre compte de l'activité bruissante, multiple, variée et encore nécessairement secrète des hommes du pneu ? Sur un siècle, combien de tonnes d'acier et de caoutchouc brassées, soulevées, transportées ? Combien de bras, combien de neurones et de matière grise, combien de kilomètres parcourus, combien de mesures et d'essais ? Le saura-t-on jamais ?

Pudeur et respect sont ici, plus que jamais, indispensables.

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06 mars 2011

"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée", les portes entre l'usine et la ville......

        C'est le contact, la porte, l'entrée, le sas, le contrôle, le goulot d'étranglement, la frontière entre ceux qui en sont et ceux qui  n'en sont pas.

Ces entrées de Michelin ? Une véritable porte spatiotemporelle, comme dans les bandes dessinées de Druillet. Soit on franchit pour, soit, à la fin de la journée, pour rentrer chez soi: marée régulière avec flux et reflux, inexorables, au rythme du temps et de la production. Les hommes, mais aussi les marchandises, la matière première dans un sens, le produit fini, le pneu de l'autre.

"Les portails dégorgent à plein bord leur reflux de prolétaires. On dirait la sortie d'une gare quand deux ou trois trains bondés arrivent en même temps, un lendemain de fête. Mais ici les voyageurs sont sans bagages, sauf quelques-uns qui traînent la musette. Ils n'ont pas l'air satisfait des gens qui sont qui restés deux jours au vert. Eux, c'est du noir qu'ils reviennent".

Ces portes mythiques entre Clermont et la manufacture, ce sont les portes d'entrée et de sortie des ouvriers et des employés, des marchandises et des pneus, le contact fugace, la porte entre la voie publique et l'usine privée, entre le monde de la rue et le monde du travail.

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04 mars 2011

Le tourisme......

               Les frères Michelin ont facilité par leurs cartes, guides et panneaux indicateurs, le tourisme automobile et cela au plus grand profit des garagistes, des hôteliers, des restaurants et des ...fabricants de pneus ! Ces véhicules de l'entre-deux-guerres promenant familles huppées, curistes des eaux de Royat ou simple collègien dans ces paysages d'Auvergne ne sont-ils pas une invitation à la (re) découverte, à la ballade ou à la rêverie...

             En voiture, chauffeur, suivez le guide !

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Le pneu rail.....

        A la recherche de nouveaux débouchés pour le, Michelin a l'idée de l'adapter au rail en 1929. Les premiers essais démontrent que la vitesse de circulation peut être augmentée, que la distance de freinage est diminuée, que le matériel ferroviaire s'use moins vite et les passagers bénéficientd'un confort et d'un silence inconnus jusqu'alors. Et pourtant aucun directeur de grandes compagnies de chemins de fer n'en comprend l'intérêt. Nul n'était mieux servi que par soi-même, Michelin entreprend la construction des automotrices pour les équiter de pneus...Michelin, bien sûr ! La première micheline est présentée en 1931 et dès 1933, elle assure un service régulier sur le réseau de l'est de la France. Après les modèles de 36 et 56 places, la micheline de 1936 peut accueillir 96 passagers assis et 40 debout. Elle permet des pointes à 135 kms/heure et assure une vitesse de croisière de 120 kms/heure. Très populaire, le nom de "micheline" est encore aujourd'hui synomyme d'autorail.

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02 mars 2011

La coupe Gordon-Bennett.....

                     A peine créée par un magnat de la presse Américaine, elle connut rapidement un énorme succés, un véritable engouement du public. L'édition de 1905, dernière  et la plus prestigieuse est organisée par Michelin en Auvergne. Elle eut un énorme retentissement pour la marque: le vainqueur, Théry, roulait sur semelle Michelin ( renfort de cuir garni de rivets sur la bande roulement ). La difficulté du parcours avec le franchissement des deux cols ne fut pas le moindre intérêt.

Trois événements historisque, trois passions, trois"coups publicitaires", qui se déroulent à Clermont et qui montrent bien l'association étroite entre Michelin, Clermont et son Puy de Dôme.

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Le concours Aéronautique Michelin.....

         Un clin d'oeil, mais probablement plus cela: la Manufacture a songé à se lancer à fond dans la construction aéronautique. Pour ces ingénieurs, l'aviation, le plus lourd que l'air en l'air, est une révolution technique inimaginable et un instrument de conquête militaire sans nul autre pareil. "Et l'on peut assurément croire que la terrible catastrophe de 1914 eut été empêchée si on avait établi immédiatement en 1911 cette cinquième arme que réclamaient alors nos grands industriels Clermontois dont l'esprit réalisateur à l'habitude de tirer partie des nouvelles inventions au mieux des intérêts nationaux".

Après avoir plaidé longtemps en vain pour la création d'une armée de l'air, la première piste d'aviation en dur au monde est créée à Aulnat. Et Michelin se lance dans la fabrication des Bréguet durant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, et malgré le savoir-faire acquis, Michelin se recentre sur son savoir-faire. Eternel retour à son métier et à son produit, comme après l'expérience Citroën (la Manufacture revient toujours à ce qu'elle maîtrise parfaitement: c'est elle qui a inventé le recentrage des activités sur les métiers de base).

Mais nous n'en sommes pas là. Nous sommes en 1908, le 6 mars. Michelin souhaite accélérer les progrès de l'aéronautique à travers un fabuleux concours qui semble irréalisable avant cinquante ans pour la plupart des journalistes de l'époque. Le vol Paris-Clermont eut pu suffire à la fois à la renommée de ce concours et à sa réalisation, mais en bons Clermontois, on ajoute, un tour sur les cathédrales de la ville et un atterrissage, "sans casse" précise le réglement.....au sommet du Puy de Dôme ! L'association entre le puy de Dôme et les Clermontois est mystérieuse, forte mais secrète. C'est le grand-père qui veille sur tous, c'est un point de repère météorologique du matin, c'est le chemin de promenade du premier janvier, son ascension par le chemin des Muletiers. On sait aussi que des messes noires s'y déroulaient au Moyen Age, avec sorciers et surtout sorcières, boucs et maléfices.

Cela n'est pas forcément déplaisant.......

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img096Bibendum et la tentation d'Icare: le char de l'aviation Michelin, plus lourd que l'air(!), place des Salins, lors de la foire exposition de Cermont en 1910.

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01 mars 2011

Inventeur de la vulcanisation ......

        Quand à l'inventeur de la vulcanisation du caontchouc en 1839, grâce à l'utilisation du soufre, ce fut l'Américain Charles Goodyear (1800-1860), mais il mouru. Goodyar, l'autre grand du pneumatique.

Le pneu Dunlop, qui était en fait une chambre à air enveloppée dans une toile de coton tissée collée et clouée sur une jante de bois, présentait un défaut de première importante: lorsque par malheur le pneu crevait, la réparation prenait plusieurs heures, sinon toute la journée, à laquelle il fallait ajouter une nuit de séchage pour la colle. C'est là que Michelin intervient dans l'aventure du pneu, non sans brio. L'histoire est connue;  " Tout a commencé par l'arrivée d'un cycliste anglais dans la cour de l'usine. Sa bicyclette était chargée dans un char à boeufs car son pneu était crevé". La scène se passe un après-midi de septembre 1889, et les pneus crevés sont des Dunlop.

Aussitôt, les employés de Michelin entreprirent de le dépanner. Trois heures d'efforts furent nécessaires et il fallut laisser sécher la réparation toute la nuit. Au matin, Edouard en personne testa la réparation, mais le pneu ne tint pas longtemps et creva à nouveau. De cette expérience, le patron de Michelin retira la conclusion que le pneumatique Dunlop ,n'était pas adapté à un usage courant et que le succès viendrait d'un pneu démontable en un quart d'heure, même par un vélocipédiste peu expérimenté. Ce que Michelin ne dit pas, c'est que la manufacture proposa elle aussi et jusqu'en 1891 des pneus collés à la jante. Dans le plus secret pourtant,Edouad, assisté d'un ingénieur, qui avait rejoint la firme en 1889,ainsi que son meilleur ouvrier, s'évertua à mettre au point le premier pneu démontable. Ce qu'ils parvinrent à réaliser au début de 1891, après plusieurs mois d'efforts. Ce premier pneu démontable était fixé à la jante par dix sept boulons. Mais le pari était tenu: la réparation demandait quinze minutes. Une révolution ! Edouard prit immédiatement deux décisions: déposer des brevets de fabrication et faire connaître l'invention au grand public.

Terront, héros et première star du vélo français, raconta les dernières centaines de métres de la course à partir de la porte Maillot: "Je commençai à emballer tant que je pus ! Alors ce fut du délire dans la foule qui se resserrait en courant derrière moi aussitôt que j'étais passé, et je franchis le poteau.On veut m'enlever de ma machine. Mais je descends tout seul".

Pour Michelin, comme pour Terront, la gloire est immédiate. Michelin publie une première publicité sur le pneu sur un prospectus intitulé " Pneumatique Michelin et Cie" qui se termine par cette phrase:" Le 14 juillet, Louis seize, apprenant de la bouche de la Fayette la prise de la Bastille, s'écriait: Mais alors, c'est une révolte ! - Non, Sire, répondit le marquis, c'est une révolution !" Nous avons la confiance que le vélocipédique dira de notre pneumatique: C'est un perfectionnement ?-Non, c'est, c'est une révolution. Selon la firme Michelin, un an après la victoire de Terront, plus de dix mille cyclites roulaient sur pneus Michelin. Les deux frères, Edouard et André, se voyaient confirmés dans ce qu'ils pressentaient: prendre part à une course et, si possible, la gagner était le meilleur moyen de se faire connaître et de prouver sa supériorité techologique sur les concurrents.

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