18 octobre 2018

Châtel-Guyon la cure thermale.................

Châtel-Guyon - Inventaire du patrimoine thermal - R oute des Villes d’Eaux du Massif Central 12 II : Le patrimoine thermal de la station II.1. Le patrimoine thermal bâti Histoire thermale Exploitation des eaux au XVIIIe siècle Aucun document écrit ou archéologique n’atteste la présence d’une mise en exploitation ou de l’utilisation des eaux minérales de Châtel-Guyon av ant le XVIIIe siècle. L’emploi de l’eau paraît pourtant très ancien. On l’utilisait pour la pâte à pain, on lui prêtait des pouvoirs protecteurs cont re la peste, les fièvres palustres et la fertilité des fe mmes stériles...

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La première mention des eaux minéral es de Châtel-Guyon date de 1671. Le chimiste Samuel Du clos en fait allusion dans ses Observations sur les eaux minérales de plusieurs provinces de France . Dès 1777, médecin royal Joseph Raulin insiste sur les caractéristiques essentielles des eaux : le ur haute teneur en silicium et en magnésium. Toutefois, Châtel-Guyon ne connaît pas encore les p ratiques du thermalisme, en dépit des vertus thérapeutiques des eaux mises en lumière par Raulin . La première source, la fontaine de Châtel-Guyon, es t découverte en 1760. Son propriétaire, le marquis de Chazeron, l’exploite de manière modeste : la sou rce est entourée d’un bâtiment dans lequel il est possible de boire de l’eau minérale. Deux autres so urces émergent vers 1771 : la source du Gargouilloux, dont le débit est important, et la Ve rnière. La Source du Gargouilloux est aménagée sommairement vers 1787 : une baignoire est taillée dans la roche. Les sources du Gourgouilloux et de la Fontaine devi ennent propriété de la commune après la Révolution Française, ainsi que les terrains longea nt le ruisseau Le Sardon. Châtel-Guyon devient désormais seule responsable du thermalisme. Premiers établissements thermaux au début du XIXe s iècle L’établissement communal est construit en 1817. Tro is ans plus tard, ses eaux sont affermées et un premier médecin inspecteur est nommé. Ce premier ét ablissement thermal n’offre cependant pas le confort souhaité. L’hébergement laisse également à désirer : il existe plusieurs auberges, mais une seule offre un gîte convenable, l’hôtel Barthélémy, situé au nord du village. En 1840, deux parties sont mises en concurrence pou r acquérir la cession des sources communales : Jules Barse et les frères Brosson qui administrent depuis 7 ans les thermes de Vichy. En 1842 Jules Barse et Camille Brosson créent une compagnie pour l’exploitation des sources thermales, mais un différend les oppose. Camille BROSSON perd le procè s, mais garde sa suprématie grâce à son établissement. Barse édifie rapidement un bâtiment de deux étages sur son terrain. Ces thermes, dits d e la Vernière, comportaient 4 cabines de bains.

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En se ptembre 1844, le professeur Nivet, de l’école de médecine de Clermont-Ferrand, constate que cet : « édifice provisoire est trop petit et manque de propreté ». Il déplore également le manque d’hôtels à ses a bords. Les Bains de la Vernière péricliteront vers 1863. De leur côté, les Frères Brosson ne sont pas en mes ure d’ouvrir leur nouvel établissement en 1845, comme ils s’y étaient engagés. Naissance d’une ville thermale après 1855 La gare de Riom, située à 5,5 km de la station, est inaugurée en 1855. Camille Brosson profite de cet évènement important pour prendre en charge l’exploi tation des eaux minérales. Sa première action est d’écarter Jules Barse et de dissoudre la Compagnie de ce dernier. Camille Brosson engage ensuite un vaste projet d’aménagement : assainissement de la r ive droite du Sardon ; aménagement d’une Châtel-Guyon - Inventaire du patrimoine thermal - R oute des Villes d’Eaux du Massif Central 13 promenade avec double rangée d’arbres ; installatio n d’un générateur et d’un réservoir ; construction de nouveaux thermes. L’inauguration de l’établissement Brosson a lieu en 1858. Il est construit sur la rive Sud du Sardon, contre la pente du Mont Chalusset à l’endroit le pl us large du domaine thermal, et restera jusqu’en 1886 le seul établissement de bains de Châtel-Guyon . Le bâtiment abritait à l’étage les bureaux du directeur. Brosson découvre également plusieurs sou rces, dont la Source Deval, où il installe une buvette et un kiosque à proximité. Une fois cette première étape réalisée, Camille Bro sson va tout mettre en oeuvre pour faciliter l’accè s à son établissement thermal. Il mène de front plusi eurs actions : construction d’un pont ; amélioratio n des routes ; organisation des transports (4 service s d’omnibus entre Riom et Châtel pendant la saison) ; encouragement des hôteliers à venir s’installer. De ux hôtels ouvrent leurs portes en 1863 : « Le Grand Hôtel des Bains » et « L’Hôtel des Thermes ». Développement de la station grâce à la Société des Eaux Minérales de Châtel-Guyon

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En 1878, Le docteur Baraduc, Médecin –Inspecteur de la station, condisciple de G. Clemenceau, s’associe à François Brocard, banquier parisien, di recteur de la Compagnie des Eaux de Royat, et exploitant les thermes de la Bourboule. Les deux ho mmes fondent la Société des Eaux Minérales de Châtel-Guyon et mettent tout en place pour assurer la prospérité de la station thermale : construction d’une salle d’hydrothérapie près de l’établissement thermal, des bâtiments pour l’embouteillage, de la buvette de la nouvelle source Gubler. L’établisseme nt Barse est racheté par la Société pour le transformer en logements à l’étage et en bureau tél égraphique au rez-de-chaussée. L’embellissement de la station se poursuit de maniè re énergique l’année suivante. L’établissement Brosson est rénové. En 1879, le premier casino est édifié sur les pentes du Chalusset sur les conseils de Brocard. Ce pavillon en bois découpé provient de l’exposition universelle de 1878. L’arrivée par la route de Riom sur la place des Bains est mise en va leur : la Société des Eaux et la préfecture co- financent l’aménagement d’une voie de 300 m de long , 16 m de large, plantée d’arbres. Sur cette nouvelle « avenue des Bains », villas et boutiques s’élèvent immédiatement (villas de médecins, maisons de commerçants, un café et un hôtel). En 1881, de nombreuses sources sont exploitées : le s sources Deval, du Chaume, de la Planche, du Réservoir, du Sopinet, du Gargouilloux, du Rocher, du Sardon, des Vernes et Gubler, découverte en 1878. Le parc bénéficie de nombreux équipements : u n kiosque à musique, une « Poste aux lettres » avec télégraphe, un magasin d’embouteillage (100 00 0 bouteilles expédiées par an), une boutique près des thermes aménagée dans un chalet. Les hôtels son t situés autour des thermes et dans le village. Le Splendid Guide recommande à ses lecteurs le Splendi d Hôtel, le Grand-Hôtel des Bains et l'Hôtel des Thermes (ou hôtel Lacroix). La commune de Châtel-Guyon, désireuse de tirer prof it de ce succès extraordinaire, crée en 1882 un groupe financier, la Grande Compagnie thermale. Un second centre thermal se construit à l’Ouest du quartier des bains, comprenant les Thermes Henry (1 882-1883) et sept buvettes. La Grande Compagnie, en prise à des difficultés fin ancières, se voit contrainte de revendre à la Socié té des Eaux (1886). Le rachat des Thermes Henry permet à Brocard de poursuivre la réalisation de son rêve : la création d’un vaste domaine thermal autou r d’un grand parc réservé aux baigneurs.

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Le parc thermal se dote de l’éclairage public en 1889. Le C asino-Théâtre de Le Voisvenel est construit en 1899. De nombreux hôtels ouvrent leurs portes en 19 00. La station est pourvue en eau potable en 1902. La chapelle des bains est construite cette mê me année. En 1903, la Société des Eaux emprunte auprès de particuliers (dont les époux Sellier-Badi n, propriétaires du Continental Hôtel) pour finance r la construction des Grands Thermes, confiés à l’arc hitecte Benjamin Chaussemiche, et inaugurés en 1907. L’essor du quartier thermal est tel que des hôtels sont construits sur l’emplacement de simples villas . De nouveaux quartiers apparaissent. Le premier est créé autour de l’emplacement prévu pour la future gare. Le second, situé à l’arrière et au-dessus des Grands Thermes, naît d’un projet de lotissement imaginé en 1905 par Antoine Chanet. L’architecte vi chyssois fonde la Société du Nouveau Châtel- Guyon pour acquérir les terrains, et construit vers 1910 un hôtel et 5 villas qui bénéficieront d’une entrée directe sur le parc. A ce jour, seules deux villas ont subsisté. Benjamin Chaussemiche poursuit l’embellissement du parc thermal en se concentrant sur les buvettes. Il construit un édicule en pierre de Volvic destiné à abriter les sources Germaines et Deval, puis met en Châtel-Guyon - Inventaire du patrimoine thermal - R oute des Villes d’Eaux du Massif Central 14 scène la source Marguerite en 1908. Il réalise une demi grotte protégée par un dolmen celtique. La source Louise est recouverte d’un pavillon en cimen t armé revêtu de verre et de faïences de couleurs. Benjamin Chaussemiche réalise également la « Petite Restauration » en 1906, près de la source Marguerite.

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Le bâtiment est une construction légère en briques, stuc et carrelages, couverte de tuiles , avec cabinets de verdure le long du Sardon. L. Flaurien, bijoutier à Limoges, en accord avec la Société des Eaux Minérales, commande à Benjamin Chaussemiche les magasins construits en 1904-1905 l e long du parc thermal. Chaussemiche signe également les plans du nouveau kiosque à musique qu i sera installé en 1907 sur une terrasse face aux salles de restaurant du nouveau casino. Le chemin de fer arrive enfin directement à Châtel- Guyon en 1912. L’extension et l’aménagement de la ville se poursuivent. Un plan d’aménagement et d ’extension est réalisé en 1920. Il sera suivi en 1927 d’un plan quadrillé des nouvelles voies de cir culation, puis en 1930 d’un projet d’extension de l a station thermale et de l’aménagement du jardin publ ic près de la gare. Epoque contemporaine La fin du thermalisme mondain provoque la fermeture de la gare de Châtel-Guyon. Le bâtiment est reconverti en centre des congrès et de loisirs en 1 981. L’année suivante, les Thermes Henry trop vétustes sont détruits et remplacés par un établiss ement moderne dû à l’architecte Galinat. Typologie de la ville Altitude 374 m – 721

Posté par issoire63 à 09:36 - Commentaires [1] - Permalien [#]